Auvergne Imaginée

4 abbayes pour une retraite spirituelle en Auvergne, de La Chaise-Dieu à Randol

4 abbayes pour une retraite spirituelle en Auvergne, de La Chaise-Dieu à Randol

Pour une retraite spirituelle en Auvergne, quatre communautés reçoivent réellement des retraitants : les Frères de Saint-Jean à La Chaise-Dieu, les bénédictins de Randol, les bénédictines de Chantelle et les visitandines de Saint-Flour. Randol loge les hommes à l'abbaye et les femmes au hameau voisin, Saint-Flour n'ouvre sa clôture qu'aux femmes. Le premier office tombe entre 4 h 55 et 6 h 45.

Quelle abbaye d'Auvergne choisir selon votre situation ?

Le premier critère n'est pas le paysage, c'est l'accueil : qui est admis, combien de nuits, à quelle heure commence la journée. Il n'est pas nécessaire d'être croyant : les quatre communautés reçoivent toute personne qui accepte le silence et le rythme des offices, auxquels on assiste librement.

Lieu Qui est accueilli Premier office Durée Participation Réserver La Chaise-Dieu (Haute-Loire), Frères de Saint-Jean Tous : individuels, familles, étudiants Oraison 6 h 45 Quelques heures à quelques jours Libre 04 71 00 05 55, frère hôtelier Randol (Puy-de-Dôme), bénédictins Hommes à l'abbaye ; femmes et familles au hameau Matines 4 h 55 1 à 7 nuits Selon les possibilités Formulaire en ligne Chantelle (Allier), bénédictines Tous, seuls ou en petit groupe Laudes 5 h 40 2 à 7 nuits Selon les possibilités 04 70 56 62 55, sœur de l'accueil Saint-Flour (Cantal), Visitation Clôture : jeunes filles et dames Non publié Quelques jours Barème : 40 € la pension complète 04 71 60 07 82

La Chaise-Dieu : le prieuré des Frères de Saint-Jean, à 1 080 m

L'abbaye fondée en 1043 par Robert de Turlande attire l'été les visiteurs de l'abbatiale Saint-Robert, reconstruite à partir de 1344 sous le pape Clément VI. La retraite se fait à côté, au prieuré Sainte-Marie, installé en 1984 à la demande de Mgr Cornet, évêque du Puy. Les frères y desservent aussi l'ensemble paroissial Saint-Robert, soit 10 villages : l'ambiance y est familiale.

Du mardi au samedi : oraison 6 h 45, laudes 7 h 30, messe 9 h 30, office 12 h 15. Le soir : vêpres 18 h, adoration 18 h 30, complies 20 h 15. Du 2 juin à fin septembre, les offices de jour passent à l'abbatiale ; sinon, tout se tient à la chapelle du prieuré, 1 place de l'Écho.

Randol : sept offices en grégorien, lever à 4 h 30

Fondée en 1971 par des moines de Fontgombault, de la congrégation de Solesmes, l'abbaye Notre-Dame de Randol domine les gorges de la Monne, à 25 minutes au sud de Clermont-Ferrand. Liturgie en latin et en grégorien. Lever à 4 h 30 (4 h 10 le dimanche). Offices : matines 4 h 55, laudes 6 h 10, prime 8 h 15, tierce 10 h, messe conventuelle 10 h 15, sexte 12 h 45, none 14 h 30, vêpres 17 h 30, complies 20 h 15.

Les hommes logent à l'abbaye en chambre individuelle, en pension complète, et mangent en silence au réfectoire avec les moines. Femmes seules et familles séjournent au hameau, à 500 m, dans des logements équipés d'une cuisine : chacun y apporte sa nourriture, et la messe conventuelle plus un office du soir sont demandés chaque jour. Toute demande passe par le formulaire en ligne ; le téléphone (04 73 39 31 00) ne répond qu'entre 11 h 30 et 12 h 30 ou 18 h 30 et 19 h.

Chantelle : les bénédictines de l'Allier, accessibles sans voiture

Installées depuis le 11 octobre 1853 au-dessus des gorges de la Bouble, autour d'une église romane du XIe siècle, les bénédictines de l'abbaye Saint-Vincent disposent de 18 chambres pour une ou deux personnes et reçoivent toute l'année. Lever 5 h, laudes 5 h 40, messe 8 h 30, heure médiane 12 h, vêpres 17 h 30, dîner des hôtes 18 h 30, complies 19 h 45, coucher 21 h.

Seul des quatre lieux joignable en train : gare de Vichy, puis bus ligne E, à réserver à l'avance et à confirmer la veille. En voiture, Gannat et l'A71 sont à 20 km.

Saint-Flour : la Visitation, une clôture réservée aux femmes

Les visitandines vivent sur les orgues basaltiques de Saint-Flour depuis le XVIIe siècle. Seules les jeunes filles et les dames entrent dans la clôture, pour quelques jours. Les chambres sont individuelles, avec lavabo et WC, une salle de bain pour trois ou quatre chambres. C'est aussi le seul lieu qui publie un barème : 15 € la nuit, 5 € le petit-déjeuner, 11 € le déjeuner, 7 € le souper, 29 € la demi-pension, 40 € la pension complète (56 € pour un couple, hors clôture).

Combien donner pour une retraite en abbaye ?

À La Chaise-Dieu, Randol et Chantelle, aucun tarif : on verse une participation aux frais selon ses moyens. Le barème de Saint-Flour donne l'ordre de grandeur ; la plupart des hôtelleries bénédictines françaises indiquent 35 à 50 € par jour en pension complète. Trois nuits à Randol représentent donc 105 à 150 €.

Si l'argent manque, dites-le au père hôtelier : la Règle de saint Benoît (chapitre 53) demande de recevoir chaque hôte « comme le Christ », et personne n'est refusé pour cette raison. Hors d'Auvergne, le guide des retraites en abbaye recense les monastères qui reçoivent des retraitants en France.

La page « Faire une retraite » de la Fondation des Monastères fixe le cadre commun : un jour à une semaine, offices ouverts, accompagnement souvent possible.

Les 4 erreurs d'un premier séjour en silence

  • Arriver sans prévenir. Écrivez trois à quatre semaines avant, six en juillet-août : Chantelle n'a que 18 chambres.
  • Confondre visite et retraite à La Chaise-Dieu. L'abbatiale se visite avec un billet ; la retraite se demande au prieuré.
  • Tomber un lundi à La Chaise-Dieu. C'est le jour de solitude des frères : seulement la messe de 9 h 30 et l'adoration de 18 h. Arrivez le mardi.
  • Sous-estimer l'hiver à 1 080 m. Sur le plateau du Livradois-Forez, la neige tient de décembre à mars et les nuits descendent sous −10 °C en janvier. Prévoyez pneus hiver et chaussures montantes.
  • Mon conseil : pour un premier séjour, visez trois nuits, du mardi au vendredi, et laissez le téléphone éteint dans la chambre. Il faut deux jours pour que le rythme des offices remplace celui des notifications.
    Camille Gauthier

    Camille Gauthier

    Camille Gauthier est une spécialiste du patrimoine historique et de la gastronomie locale, forte d'une expérience approfondie des musées et des expositions. Elle aime partager ses découvertes avec un regard curieux et accessible, mêlant érudition et plaisir des sens. Ses écrits et conférences invitent à redécouvrir les trésors cachés des territoires, entre pierres anciennes et saveurs d'antan.

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